Une pénurie de viande plane sur Conakry en plein Covid-19 et à la veille de la fête de Ramadan

(Guinée Eco)- Les  vendeurs de bétail traversent une période difficile à cause du confinement de Conakry et  l’instauration du couvre-feu. L’acheminement des bœufs de l’intérieur du pays vers la capitale guinéenne devient compliqué, notamment avec la mort de certaines bêtes  en cours de route. Les acteurs de cette filière affirment au micro d’un reporter de votre journal économique en ligne  avoir perdu beaucoup d’argent depuis le début de la pandémie en Guinée.

«  Le mois passé là (Ndlr : avril), nous avons perdu 26 têtes de bœufs en cours de route. On ne peut se rendre à l’intérieur du pays pour acheter du bétail. Nos amis qui sont coincés là-bas ne peuvent non plus venir à Conakry. Ceux qui gagnent la route sont aussi bloqués au niveau des barrages dès la tombée de la nuit. Avant la levée du jour, beaucoup de bêtes meurent », explique à Guinee-eco.info Thierno Hamidou Sow, président des marchands de bétails de Matoto.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, seulement un chauffeur et deux apprentis qui sont autorisés à convoyer pour transporter des marchandises. « Ces gens là ne peuvent pas discuter de prix de ces bêtes en notre nom. Ils ne peuvent pas non plus s’occuper de ces bêtes en cours de route. C’est pourquoi les vaches meurent beaucoup en ce moment. Un animal se négocie à partir 3 millions GNF, jusqu’à 6 millions GNF. Nous partons loin pour les avoir aussi puisque les marchés hebdomadaire sont fermés », fait remarquer M. Sow.

Les détaillants aussi ressentent directement les conséquences du confinement de Conakry. Avant la crise liée au Covid-19, Kadiatou Diallo, une restauratrice, affirme qu’elle commandait l’équivalent de 3 millions GNF en viande de bœuf par jour. Avec cette crise, elle dit peiner d’avoir même le quart. « On souffre  en ce moment avec notre commerce. Nous ne gagnons  pas de viande. Les marchands de bétails ne peuvent pas voyager. Si les autorités libèrent la route nous pouvons nous débrouiller en cette période de ramadan », plaide la dame.

«  Parfois, nous on peut rester à attendre toute une journée, sans que l’on  ne gagne de viande. C’est pourquoi vous constaterez la rupture temporaire de viande sur le marché ou bien la hausse du prix », nous a confié Amadou Sadjo Bah dit Dabirao, boucher à Matoto.

Les marchands de demandent un allègement de la mesure, mais elles peinent à être entendue par les autorités. « Nous avons été plusieurs fois au ministère du commerce pour obtenir un document nous permettant de sortir de Conakry afin de pouvoir ravitailler la capitale en viande pour la fête de ramadan. Mais nous n’avons rien eu. À chaque fois on nous dit de revenir. On risque de passer une fête sans viande à Conakry », prévient Oumar Sylla Bah, vendeur de bétails à l’abattoir de Matoto.

Les doléances sont formulées à  l’endroit ministère du commerce et aussi, aux agents de sécurité pour un assouplissement des mesures concernant le transport de bétail à Conakry.

Mamoudou Boulléré Diallo pour Guinee-eco.info

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