Sénégal : Lekela promeut la formation des femmes ingénieures dans les énergies renouvelables

(Guinée Eco)-Dans le cadre d’une convention de partenariat qui les lie, le Parc éolien de Taïba Ndiaye (PETN), situé au Nord de Dakar et l’Ecole supérieure polytechnique de Thiès viennent de lancer un programme novateur permettant aux femmes diplômées en ingénierie d’exercer comme apprenties sur des projets d’avant-garde des énergies renouvelables.   

Selon un communiqué de presse transmis à la rédaction de Guinee-eco.info, Ouissal Bourich et Adja Fatoumata Diouf sont les deux premières étudiantes à être reçues par le plus grand parc éolien d’Afrique de l’Ouest.  Elles bénéficient ainsi du Programme d’Investissement Communautaire (PIC) de Lekela, une entreprise de fourniture d’énergie renouvelable qui réalise des projets à l’échelle industrielle permettant de fournir une énergie propre et indispensable aux communautés en Afrique.

« Cet apprentissage permet aux ingénieures en herbe d’expérimenter les opérations et les activités des projets, ainsi qu’avec les différents rôles impliqués dans la gestion d’un projet d’énergie renouvelable à grande échelle », souligne le communiqué dans lequel on rapporte les propos des deux apprenties.  

Pour la Sénégalaise Adja Fatoumata Diouf, 24 ans, il y a beaucoup d’appréhensions quand on est dehors. « Mais une fois à l’intérieur, travaillant avec les collègues, on ne sent plus cette séparation hommes-femmes. Ces dernières ont besoin d’accéder à l’information et à la formation pour intégrer la filière des sciences », a-t-elle déclaré avant d’assurer que cela est complètement à leur portée. « Il faut que les femmes relèvent ce défi des énergies renouvelables dont le devenir va modeler le monde », estime-t-elle.

Son homologue marocaine, Ouissal Bourrich,  étudiante en conception d’ingénierie civile à l’EPT, explique que ce type d’apprentissage va consolider la place des femmes dans les énergies renouvelables : « Bien que nous ayons fait des progrès significatifs vers l’équité et l’égalité, les femmes se heurtent encore à d’innombrables obstacles lorsqu’il s’agit de recevoir un traitement juste et égal ou de progresser, individuellement ou collectivement. Les préjugés sont un obstacle majeur lorsqu’il s’agit de combler les écarts entre les sexes dans les domaines d’ingénierie, toutefois ces préjugés peuvent être combattus par des initiatives comme celle de Lekela», a-t-elle confié.

Selon les auteurs du communiqué, Lekela examine les voies pour des actions positives et inclusives pour remédier au déséquilibre actuel entre les sexes, et comment ces actions peuvent être compatibles avec une approche fondée sur le mérite pour l’entrée dans le secteur. La compagnie s’engage à améliorer l’égalité des sexes dans l’ensemble de son organisation et à consolider l’implication des femmes dans le secteur des énergies renouvelables, en particulier dans les rôles plus techniques où les femmes ont historiquement été sous-représentées.

Pourtant, Moustapha Thiam, Directeur général du PETN a indiqué que les femmes ont toute leur place dans l’industrie. Pour lui, il faut démystifier leur présence dans ces milieux, et encourager leur représentation dans le domaine des sciences. « Nous avons besoin de toute l’expertise que les femmes ingénieures peuvent apporter et leur donner l’opportunité de se former et de s’informer davantage dans les énergies renouvelables – pour apporter plus d’énergie durable aux gens », a-t-il déclaré. 

Inauguré en février 2020, le PETN devrait produire plus de 450 000 MWh d’électricité par an, distribuée à plus de deux millions de personnes. Ses 46 éoliennes fournissent 158,7 MW d’énergie propre et fiable au réseau sénégalais, permettant d’éviter le rejet de 300 000 tonnes de CO2 annuellement. Le projet s’inscrit dans le cadre du Plan Sénégal Émergent, le programme gouvernemental d’accélération de développement économique.

À ce jour, le PETN aurait mobilisé 550 000 dollars dans la communauté de Taïba. La majeure partie de cette enveloppe aurait été consacrée à l’éducation et au développement des compétences, aux initiatives économiques et environnementales.

Selon le communiqué, le programme d’investissement communautaire du PETN a exécuté certains volets du programme d’aide dans la commune. Le centre informatique du lycée de Taïba Ndiaye, révèle-t-on, a été livré et équipé, en attendant que les cinq autres projets du volet éducation, dont un collège déjà opérationnel à Thiallé, soient terminés. « Au total, 169 000 $ ont déjà été engagés pour appuyer le système éducatif local », souligne le communiqué.

Bachir Sylla pour Guinee-eco.info

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