Maroc-Israël : renouement d’un devoir de mémoire historique (Par Siré Sy)

(Guinée Eco)-Ce qu’Israël doit au Maroc est la pendante de ce que le Maroc peut faire pour Israël. Pour Israël et envers le Maroc, c’est un devoir de mémoire historique. Pour le Maroc et envers Israël, c’est accepter (enfin) de recevoir la ‘’dette’’ qu’Israël a toujours voulu payer au Maroc, mais que le Maroc a longtemps différé, pour ne pas froisser ses partenaires traditionnels du Proche et Moyen Orient et de l’Europe. C’est aussi là, toute la signification géopolitique dans le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël dont, dans l’actuel gouvernement, siègent neuf ministres israéliens d’origine marocaine.

Souvenons-nous bien, au moment de l’holocauste, au moment où le Peuple juif était persécuté et pourchassé en Europe et en Orient, c’est le Roi Mohamed V, qui a pris le courage humain et le risque politique, de les accorder la bienvenue en terre marocaine. Jusqu’avant la création de l’Etat d’Israël en 1948, le Maroc fut pour le Peuple juif, leur sanctuaire et leur havre de paix. C’est ainsi que des villes marocaines comme Essaouira, Fès et Rabat, ont accueilli de nombreuses populations de religion juive. Au point qu’aujourd’hui, Essaouira est devenu pour les juifs d’Israël, des USA, du Royaume-Uni, du Canada, d’Australie, de la Nouvelle Zélande,  un haut lieu de pèlerinage, une sorte de ‘’home coming’’ (retour à la maison).

Le Peuple juif  n’a jamais oublié le Maroc et son Roi Mohamed V qui fut pour les juifs, tout simplement un sauveur-leur sauveur-. Au point qu’encore chez beaucoup de marocains de religion juive, plastronne toujours dans leurs salons, un portrait du Roi Mohamed V, figure titulaire du Peuple juif dans cette partie du monde si complexe qui s’appelle le Maghreb, le Proche et le Moyen Orient.

Le flair politique de Sa Majesté le Roi Mohamed VI

Le Roi Hassan II, à lui seul, était une école politique et Sa Majesté a appris à la bonne école, de la ”real politik”. A y regarder de plus près, le Roi Mohamed V, sans rien n’attendre de retour si ce n’est venir en aide un Peuple juif déshumanisé de partout, le Maroc n’a jamais refusé ce désir de devoir de mémoire dont Israël a toujours voulu lui faire preuve. Seulement, le temps ne s’y prêtait guère. Car, à partir de 1999, le Maroc sous sa Majesté le Roi Mohamed VI a entamé son reclassement géostratégique et géopolitique, en privilégiant une toute nouvelle stratégie sur une autre tout aussi traditionnelle : c’est la stratégie de la Steppe et de la Savane (un Maroc tourné vers lui-même et vers l’Afrique subsaharienne) en complément de sa stratégie du Grand large (Europe et Amérique). A cet étape-là et en ce temps-là (de 2000 jusqu’en 2020),  Sa Majesté le Roi Mohamed VI a eu le flair politique en comprenant qu’accepter la main tendue d’Israël sur la période 2000-2020, pourrait être contre productif pour sa nouvelle stratégie de la Steppe et de la Savane. Car, cela pourrait lui mettre à dos ses partenaires traditionnels européens et compromettre dangereusement ses relations à construire avec ses partenaires frères que sont beaucoup de pays africains.  C’est ainsi que de 2000 jusqu’à 2020, coïncidant avec la mise en œuvre de la Vision 2020, le Maroc sous sa Majesté le Roi Mohamed VI, a joué le jeu- le grand jeu-, en gardant les meilleures relations possibles avec ses partenaires traditionnels comme ses nouveaux amis, tout en ne ‘’lâchant’’ pas Israël. Parce que Sa Majesté le Roi Mohamed VI et le Maroc, ont toujours compris que la question de ‘’Al QODS’’ est éminemment une question géopolitique et l’ISLAM est fondamentalement une dimension de religion.

L’Alliance Maroc-USA-Israël

Mais voilà, en vingt ans-de 2000 à 2020- la stratégie du Roi Mohamed VI et du Maroc, a marché, tellement bien marché, que le Maroc peut se permettre d’écrire autour de lui, une nouvelle géographie de l’économie mondiale et une nouvelle grammaire des relations internationales, sur l’axe Afrique-Occident- Moyen Orient. Parce que le Maroc n’est plus l’enjeu des Autres, mais un Acteur majeur, son propre acteur, sous le leadership et la vision de Sa Majesté le Roi Mohamed VI,  qui rabat et redistribue les cartes.

Il est donc arrivé, en cette année 2021, où pour les nouveaux défis politiques et économiques qui se posent pour le Maroc, ce ne sont plus ses partenaires traditionnels européens qui peuvent l’y accompagner, mais bel et bien Israël et les USA- j’allais même dire le peuple juif et les anglo-saxons-. Après que le Maroc ait fini en vingt ans, de creuser les fondations solides pour son émergence et de son statut de puissance régionale au niveau du MENA et en Afrique. Et pour cet ultime déploiement du Maroc sur la scène africaine et mondiale, son principal défi reste de recouvrer la plénitude de son espace territorial au Sud, pour développer ses régions, surtout avec l’arrivée du géant américain Tesla, pour y développer l’industrie automobile de demain : les voitures électriques.

Ce que le Maroc a réussi, ce que sa Majesté le Roi Mohamed VI a osé, c’est de devenir le connecteur logique entre l’Atlantique et la Méditerranée et le tampon naturel entre l’Afrique, l’Occident et l’Orient, sans y perdre son âme. Eh oui, le Maroc n’a plus peur. Et cela, l’Europe doit désormais l’intégrer. Et mieux, le Maroc (avec le Rwanda) montre la voie à l’Afrique et le Maroc semble décider de porter le leadership du renouveau de l’Afrique, après l’anéantissement de la Libye de Kadhafi, de la désorganisation du Nigéria et de la tergiversation de l’Afrique du Sud. Pour impulser le réveil d’un continent africain qui reprend son destin en main et qui renégocie sa place dans la globalisation.

Siré SY,  Président du Think Tank Africa WorldWide Group

www.africaworldwidegroup.org

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