RDC : le journaliste Olivier Makambu emprisonné suite à une plainte en diffamation

(Guinée Eco)- Les autorités de la République démocratique du Congo doivent immédiatement libérer le journaliste Olivier Makambu, abandonner toutes les poursuites judiciaires à son encontre et réformer les lois du pays pour garantir que le journalisme ne soit pas criminalisé, a déclaré mercredi le Comité pour la protection des journalistes.

Le journaliste congolais Olivier Makambu a été arrêté le 16 novembre. (Photo : Paz Miluta)

Mercredi 16 novembre, deux policiers ont arrêté Makambu, directeur des programmes de la radio communautaire Radio Communautaire pour le Renouveau du Kwango (RCRK), à son domicile de Kenge, dans le nord-ouest du pays, et l’ont ensuite emmené à la prison centrale de Kenge, selon un rapport du groupe local de liberté de la presse Journaliste en danger (JED) et de Ruphay Ndamba, un autre directeur du RCRK, qui a parlé au CPJ au téléphone.

Selon ce rapport, les officiers avaient un mandat d’arrêt provisoire délivré par le tribunal de paix de Kenge dans le cadre d’une plainte en diffamation déposée par le député Tharcisse Matadiwamba Kamba Mutu au sujet d’une émission du RCRK du 19 août sur l’ingérence présumée de Matadiwamba dans un conflit de succession entre les chefs coutumiers locaux. .

« Les autorités de la RDC devraient libérer rapidement le journaliste Olivier Makambu et cesser leur harcèlement légal à son encontre. Les autorités devraient également libérer le journaliste Patrick Lola, qui est resté derrière les barreaux depuis janvier 2022 », a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ, à New York. « Les arrestations répétées de journalistes à travers la RDC et le maintien de la diffamation pénale en vertu de la loi congolaise sont des indications alarmantes que la presse n’est pas en sécurité sous la présidence de Félix Tshisekedi ».

Ndamba a déclaré au CPJ que Matadiwamba avait déposé sa plainte auprès du bureau du procureur de Kenge le 20 août, le lendemain de l’émission. Il a déclaré que le procureur avait convoqué Makambu à comparaître le 16 novembre pour une deuxième audience liée à la plainte, mais alors que le journaliste s’apprêtait à répondre, la police l’a arrêté et l’a emmené à l’audience, où les procureurs lui ont posé des questions pendant 30 minutes, puis transféré à la prison centrale de Kenge, où il est resté mercredi. La date de la prochaine audience de Makambu n’a pas été fixée, a déclaré Ndamba.

Le CPJ a appelé Matadiwamba mais son téléphone a sonné sans réponse.

Le 25 août, le gouvernement provincial de la province de Kwango, dont Kenge est la capitale, a ordonné aux journalistes de ne pas faire de reportage sur le conflit de succession, craignant que la couverture n’augmente les tensions, a rapporté à l’époque le site d’informations locales congoprofond.net. Congoprofond.net a qualifié la directive gouvernementale de « manière à peine voilée de porter atteinte au droit fondamental à l’expression, en particulier le droit du journaliste d’accéder aux sources d’information et le droit du public d’être informé de ce qui se passe dans son environnement ». Le rapport n’a pas précisé quelle sanction, le cas échéant, le gouvernement imposerait aux journalistes qui rendraient compte de conflits de succession.

Le CPJ a appelé Jean Marie-Petipeti Tamata, le gouverneur de la province de Kwango, mais son téléphone a également sonné sans réponse.

Au moins un autre journaliste est toujours détenu en RDC. Lola a été arrêtée alors qu’elle couvrait une manifestation dans la ville de Mbandanka, dans le nord-est, en janvier 2022.

Source : CPJ

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