Présidentielle du 18 octobre : la CENI fixe la caution de candidature à 800 millions et le plafonnement des dépenses de campagne à 20 milliards

(Guinée Eco)-La commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé le mardi 18 août 2020 le montant de la caution que chaque candidat doit verser au Trésor public guinéen pour être espérer competir à la présidentielle du 18 octobre 2020. Il s’agit de la manne de 800 millions de Francs guinéens. Pas plus, ni moins. La CENI fixe également le plafonnement des dépenses de campagne par candidat à 20 milliards de Francs guinéens. L’annonce de ces montants a suscité des réactions diverses au sein de la classe politique guinéenne.

Pendant que dans les rangs de la mouvance présidentielle on trouve les montants fixés par la CENI réalistes, du côté de l’opposition certains crient au scandale.  Pour El Hadj Mamadou Sylla, Président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), ces montants ont été fixés pour exclure la majorité des partis voulant présenter de candidat à la présidentielle du 18 octobre prochain.

Lorsqu’on regarde le contexte dans lequel on se trouve aujourd’hui, 800 millions c’est quand même trop comme caution. Depuis les dernières élections législatives, les gens se cherchent. Personne ne travaille aujourd’hui. Il n’y a pas d’affaires qui tournent », déplore le président de l’UDG au micro d’un site guinéen.

Il explique par ailleurs que des partis comme le sien ont beaucoup dépensé lors des législatives controversées du 22 mars 2020. « Ces dépenses n’ont pas été remboursées encore. On a demandé à ces partis de déposer leur dossier, ce qui a été fait, mais jusqu’à maintenant, ils n’ont pas été remboursés. Cela veut dire que le temps est très dur pour tout le monde », affirme l’ancien patron des patrons guinéens.

Dans un entretien qu’il a accordé au site Guineematin.com, le député Souleymane Keïta, coordinateur de la cellule de communication du RPG-Arc-en-ciel trouve le montant de la caution de candidature raisonnable, parce qu’étant dans la même fourchette que lors de la Présidentielle de 2015.

« Je crois que pour une élection présidentielle, c’est bien qu’il y ait des conditions qui permettent d’y participer. Normalement, ce n’est pas que la caution, puisque les autres conditions sont encore plus importantes ; notamment, le fait que les candidats soient soumis à un contrôle sanitaire par des médecins assermentés. Et puis, la jouissance des droits civils… Ce sont à mon avis des conditions plus importantes que l’argent », confie-t-il.

« Une élection n’est pas une compétition de coffres forts…Une élection est un acte de reconnaissance du peuple à une idéologie ou à un leader d’opinion. Pour moi, même un simple cultivateur, s’il mérite la confiance du peuple, s’il peut défendre la population, s’il peut permettre à la population d’avoir ce qu’elle attend de lui, peut se porter candidat. Donc la caution, ça devait vraiment être un montant symbolique, afin de permettre à beaucoup de leaders de se présenter à cette compétition », réagit Abdoulaye Kourouma du parti RRD au micro de nos confrères de Guineematin.com.

Même son de cloche de la part du leader de l’Alliance Démocratique pour le Renouveau, pour qui la caution de 800 millions est exorbitante et anti-démocratique, parce qu’elle exclut selon lui une partie des Guinéens qui ont le droit d’être candidats. « Les procédures et nos lois disent que tout citoyen qui jouit de ses droits civiques a le droit de participer à l’élection présidentielle s’il est présenté par un parti politique. Mais si on fixe une caution qui élimine de facto certains guinéens, je pense que ce n’est pas démocratique », tranche Alpha Oumar Taran Diallo.

Bachir Sylla

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