Matoto : lancement de Waka de l’OIM X, une campagne multimédia contre la migration irrégulière

(Guinée Eco)-La mairie de Matoto a abrité ce lundi 16 décembre 2019 le Waka de l’OIM X, une campagne multimédia à travers laquelle l’Organisation internationale pour les migrations entend sensibiliser les jeunes guinéens sur les risques liés à la migration irrégulière et à leur donner des moyens de prendre des décisions éclairées en matière de migration, en leur présentant notamment des alternatives en Guinée en matière de formation et d’emploi.

Mamadouba Tos Camara, maire de Matoto (en lunettes)

Le choix de Matoto pour abriter cette cérémonie n’est pas fortuit. En effet, parmi les migrants aidés au retour volontaire par l’OIM dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, figurent de nombreux Guinéens, dont 14% seraient originaires de Matoto, la plus grande parmi les cinq communes de Conakry.

« D’après une étude réalisée en septembre 2019, 70% des jeunes de la commune âgés de 14 à 35 s’informent principalement sur la migration auprès de leurs amis, mais 64% considèrent cette information comme peu fiable. D’autre part, 67 % des jeunes interrogés estiment difficile de trouver de l’information sur les opportunités locales en matière de formation et d’emploi », souligne un communiqué de la presse transmis à Guinee-eco.info.

Lucas Chandelier de l’OIM Guinée

C’est pour changer cette donne que la Commune de Matoto a été choisi par Waka de l’OIM X, un projet régional pilote développé en Guinée et au Nigeria, grâce à l’appui de la République fédérale d’Allemagne. Dans le cadre ce projet, WAKAwell.info, une plateforme d’informations fiables a été créée, à la suite d’ateliers participatifs. Elle permet désormais aux jeunes et à toute la communauté de Matoto de s’informer sur les voies régulières de migration et met en lumière des parcours de migration et de succès individus.

S’exprimant au cours de la cérémonie, M. Lucas Chandelier de l’OIM a indiqué que les communautés de Matoto ont été associées à l’identification des meilleurs moyens  de sensibilisation des candidats à l’immigration clandestine. Selon lui, son organisation œuvre pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

M. Mamadouba TOS Camara, le maire de Matoto a félicité l’OIM et ses partenaires de terrain pour la mise en œuvre de ce projet Waka. Pour lui, qu’elle soit régulière ou irrégulière, la migration marque l’ambition et l’envie des uns et autres à avoir une vie meilleure. Il affirme toutefois  qu’en occident, tout n’est pas rose et qu’en Guinée on a tout. Mais il estime que l’intox a souvent pris le dessus sur la vérité dans son pays. Il est revenu sur son parcours personnel, avant d’invite ses jeunes compatriotes à avoir une vision. « Chacun de vous a un talent. Ne vous sous-estimez pas», conseille-t-il.

La cérémonie de lancement de cette campagne multimédia de Waka de l’OIM X a été ponctuée de projections de sept vidéos réalisées en français, en soussou, en Maninka et en poular, évoquant la réussite d’anciens migrants retournés en Guinée. Yaya Kassé, le parolier du sud, a capté l’attention du public à travers son slam dans lequel il encourage les jeunes guinéens à rester en Guinée pour bâtir le pays.

Au cours des deux panels qui ont été animés pour l’occasion, il était notamment question pour les panélistes de se pencher sur le thème : « comment vivre et réussir en Guinée ou à l’étranger ?» Face aux invités, Diaraye Guirassy, une des panélistes, explique qu’elle est fille d’un entrepreneur qui avait migré pour s’installer à Paris où elle est née. Elle venait en Guinée que pour passer ses vacances. Selon elle, c’est en 2014 qu’elle a décidé de venir s’installer dans le pays d’origine de ses parents. Depuis 2015, Diaraye est à la tête de Saboutech, un incubateur qui accompagne les jeunes entrepreneurs guinéens dans le développement de leur entreprises.

Contrairement à Diaraye Guirassy, M. Iliassa Baldé, Gestionnaire de projets au Bocej (Booster les compétences pour l’employabilité des jeunes) est un ancien élève du Lycée Yimbaya, dans la commune de Matoto, qui avait décroché une bourse pour aller poursuivre ses études au Maroc et en France. En 2011, il rentre en Guinée avec toute sa famille pour, dit-il, permettre à ses enfants de s’intégrer dans la culture guinéenne et à lui de contribuer au processus de développement de son pays.

Ces deux panélistes comme ceux qui les ont succédé à la tribune estiment qu’il est bien possible de réussir en Guinée comme ailleurs, pour peu qu’on y mette du prix et du coeur .

Focus de Guinee-eco.info

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