Louceny Nabé, gouverneur de la BCRG: « L’unification du taux de change est aujourd’hui une réalité »

(Guinée Eco)-Selon la Banque centrale de la République de Guinée, l’inflation en glissement annuel a atteint 10,6% en décembre 2020 et 12,6% en janvier 2021. L’institution assure que l’accélération du rythme de progression de l’indice des prix à la consommation résulte de l’augmentation des prix de la composante alimentaire.

Lors de sa dernière réunion tenue en mars, le Comité de politique monétaire (​CPM) de la Banque centrale a relevé que les ‘’principaux facteurs à l’origine de l’inflation sont la hausse du coût des transports maritimes, le coût d’ajustement lié à la mise en œuvre des opérations du Guichet Unique du commerce extérieur, les mesures de restriction de voyage, les travaux de reconstruction des infrastructures routières, la fermeture des frontières avec certains pays voisins, ainsi que les troubles liés aux échéances électorales’’.

Dans un entretien accordé lundi à la RTG, le gouverneur de la Banque centrale a déclaré que la monnaie guinéenne se porte bien. ‘’La flexibilité veut que nous nous alignions sur les évolutions de la situation économique nationale et internationale. C’est-à-dire qu’à tout moment, le coût du franc guinéen par rapport aux principales monnaies puisse être représentatif de ce que la monnaie vaut, en lien avec ce qui se passe en profondeur dans l’économie. Et depuis 2016, nous avons réussi par cette flexibilité à assurer une très grande stabilité du taux de change’’, indique Dr Louceny Nabé.

Depuis 2011, souligne le gouverneur de la Banque centrale, ‘’l’écart entre le taux du marché officiel et le taux des bureaux de change ne fait pas 1%. Ça veut dire que pratiquement les deux taux se confondent. Les indicateurs du moment veulent que ce ne soit pas au plus 2%. Il arrive souvent que le taux officiel soit un peu au-delà du taux des bureaux de change (…). L’unification du taux de change est aujourd’hui une réalité. Cela est bien et c’est un signe de la santé de la monnaie guinéenne’’.

En fin avril dernier, poursuit-il, ‘’nous avions un peu près de 4 mois d’importation. Ce qui signifie qu’on a des réserves de l’ordre d’un milliard cinq millions de dollars. En 2011, ce chiffre était autour de deux semaines. On avait à peine deux semaines d’importation’’. Il affirme que la BCRG veut renforcer davantage les ‘’réserves de change pour qu’il y ait un matelas susceptible de nous aider à résister aux chocs de tous genres qui peuvent intervenir. C’est l’objectif de la Banque Centrale. Et pour cela, nous avons aussi le soutien de nos partenaires au développement’’.

Avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, fait-il remarquer, à la fin de l’année dernière, ‘’nous avons conclu la 6e et dernière revue du 2e programme appuyé par la facilité élargie de crédit. Ce qui signifie que la première fois de son histoire, la Guinée a pu conduire avec succès deux programmes successifs. C’est un signe de crédibilité qui mérite d’être souligné’’.

Il assure que ‘’grâce à l’engagement personnel du président de la République, de son gouvernement et la compréhension du peuple de Guinée, il fallait faire en sorte que le désendettement puisse être une réalité à la fin du premier programme et que les réformes engagées au cours de ces programmes puissent poursuivre et s’amplifier de sorte à établir dans la durée la stabilité macro-économique du pays et à créer les bases d’un développement économique durable qui aboutira à termes à l’émergence tel que prôné par le président de la République’’.

‘’Notre économie est sur une bonne base (…). Il faut en sorte que la santé de la monnaie puisse servir à la fois de levier du développement et que le progrès économique et social puisse s’installer dans la durée. Parce que la monnaie vaut ce que l’économie vaut. C’est le reflet de ce qui se passe en profondeur dans l’économie’’, souhaite le gouverneur Nabé.

Source : Vision Guinée

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