Les gouvernements africains redoublent d’efforts pour éradiquer la violence contre les enfants

(Guinée Eco)-De hauts responsables gouvernementaux et des dirigeants de la société civile de plus de 30 pays africains se réunissent ce jour [11 mai] afin de lutter contre l’augmentation des niveaux de violence à l’encontre des enfants.

Les enfants et les jeunes africains continuent de subir de nombreux abus physiques, psychologiques et sexuels, tandis que les conflits armés, l’extrémisme violent et la pandémie de COVID-19 ont créé une onde de choc permettant à la violence contre les enfants de se développer.

Les pays « pionniers » et « aspirants » de tout le continent se réunissent pendant trois jours à Addis-Abeba pour renouveler leur engagement, s’encourager mutuellement à aller de l’avant et explorer les solutions africaines propres à prévenir la violence contre les enfants. Les pays se sont engagés à sensibiliser, à mobiliser les dirigeants, à galvaniser l’action et à établir des normes nationales afin de mettre fin au fléau de la violence contre les enfants.

« Les gouvernements africains doivent faire davantage pour s’attaquer aux normes sociales et culturelles, à la discrimination sexuelle et à la pauvreté qui alimentent la violence contre les enfants », a déclaré le Dr Joan Nyanyuki, directrice exécutive d’ACPF et présidente du Conseil exécutif de l’APEVAC. « Les défis émergents, notamment les conflits armés, les déplacements, l’extrémisme violent et la pandémie de COVID-19 n’ont fait qu’aggraver le problème. »

Trente ans après l’adoption de la Charte africaine des enfants, de nombreux gouvernements africains n’ont pas réussi à protéger leurs enfants de manière adéquate. Malgré certains progrès en matière de prévention de la violence, les acquis de ces dernières années risquent de se voir réduits à néant en raison de problèmes sociaux et politiques complexes, amplifiés par les crises économiques et par la réduction des investissements dans les programmes sociaux et de protection de l’enfance.

Mme Graça Machel, présidente du Conseil d’administration international d’ACPF, a déclaré que « l’engagement et l’action décisive au plus haut niveau de nos gouvernements peuvent apporter des changements significatifs dans la vie des enfants et des jeunes, en Afrique comme dans le monde entier.  Si les dirigeants placent la violence à l’encontre des enfants au centre de leur programme politique et de développement – que ce soit dans les lois qu’ils appliquent, les programmes qu’ils conçoivent ou les services qu’ils fournissent – le changement viendra, et plus rapidement. »

Malgré l’amélioration des lois et des politiques visant à lutter contre la violence à l’égard des enfants, l’Afrique affiche toujours des taux parmi les plus élevés. Les recherches d’ACPF montrent plus de 80 % des enfants âgés de 1 à 14 ans subissent une discipline violente et quatre filles sur dix subissent des violences sexuelles. Il est profondément troublant que trois millions de filles soient exposées au risque de MGF chaque année. Les données montrent également que la traite des enfants en Afrique subsaharienne est la plus élevée au monde.

Face à ces résultats inquiétants et à l’absence apparente de perspectives d’amélioration, le Partenariat africain pour mettre fin à la violence contre les enfants (APEVAC) organise un Symposium panafricain d’apprentissage sur la prévention de la violence visant à renforcer l’action de prévention de la violence contre les enfants. Ce Symposium réunit des représentants des gouvernements de plus de 30 pays africains « pionniers » ou « aspirants », des acteurs et des chercheurs dans le domaine des droits de l’enfant venus de tout le continent, ainsi que des défenseurs des droits de l’enfant du monde entier.

12 pays d’Afrique sont désignés comme pays « pionniers » par le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence contre les enfants, une initiative de l’ONU lancée en juillet 2016. Il s’agit du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie, de la Guinée, du Kenya, de la Namibie, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe. L’Initiative Pathfinding [pionnière] devrait engendrer un plus grand engagement et davantage d’action politique.

«Il est particulièrement frustrant de constater que nous connaissons les bonnes pratiques et les solutions et stratégies africaines locales qui ont fait leurs preuves, mais que celles-ci sont largement ignorées dans les politiques et les programmes », a ajouté le Dr Nyanyuki. Les efforts de l’Afrique pour lutter contre la violence à l’égard des enfants doivent tenir compte des systèmes autochtones traditionnels de protection de l’enfance, les promouvoir et les reproduire sur tout le continent.

FIN

À propos d’ACPF

African Child Policy Forum (ACPF) est un centre panafricain indépendant, à but non lucratif, de recherche sur les politiques et de défense des intérêts de l’enfant africain. Il a été créé en 2003 en raison de l’inquiétude suscitée par la situation de l’enfant africain et de la nécessité pour les Africains de reconnaître leur responsabilité afin d’assurer collectivement la réalisation de tous les droits de tous les enfants. Plus d’informations ici.

À propos de l’APEVAC

Le Partenariat africain pour mettre fin à la violence contre les enfants (APEVAC) est une coalition faîtière africaine et une plateforme collective établie en septembre 2016 dans le but de rassembler des organisations nationales, régionales et internationales partageant les mêmes idées pour une action collective visant à mettre fin à la violence contre les enfants sur le continent. Plus d’informations ici.

Pour de plus amples informations ou pour organiser des entretiens avec le Dr Joan Nyanyuki, directrice exécutive d’ACPF et présidente du Conseil exécutif de l’APEVAC, veuillez contacter nos consultants en communication Angie Richardson angie@thepressoffice.net ou Martin Atkin martin@funnelweb.org.

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