Le décès du styliste Aplha’O provoque des remords chez l’ancien ministre Siaka Barry

(Guinée Eco) : Le styliste-modéliste guinéen Alpha’O a tiré sa révérence dans la soirée du lundi 22 juin 2020, dans un hôpital de Conakry, des suites de maladie. L’annonce du décès de cet amoureux du textile guinéen a consterné plus d’un de ses compatriote. C’est le cas du député Siaka Barry, ancien ministre de la culture et du Patrimoine historique, pour qui le défunt a pleinement rempli sa part de contrat avec l’Etat et la culture guinéenne, mais  n’a pas eu la récompense méritée avant de mourir.  

« J’ai connu Alpha’O en 2016. Il a été comme un frère pour moi et aussi un collaborateur. Mes deux ans à la tête du ministère de la culture, je les ai passés en faisant beaucoup plus la promotion du textile guinéen. Pendant les grandes rencontres culturelles, pendant les manifestations politiques, pendant même mes sorties pour représenter la Guinée à l’international, tout ce que je portais comme textile était inspiré par Alpha’ O, conçu, par lui, exécuté par lui dans les moindres détails », témoigne honorable Siaka Barry au micro d’un reporter de Guinee-eco.info.

 Cet ancien ministre rappelle que pour mieux promouvoir le textile guinéen, un projet de loi obligeant les cadres guinéens d’arborer le textile à certaines rencontres de l’année avait même été soumis à l’appréciation du pouvoir législatif.

 « Ce projet de loi avait été inspiré par Alpha’O. Donc, c’est le lieu pour moi de le rendre un grand hommage, de m’incliner devant sa dépouille mortelle, de témoigner à la face du monde que cet homme que j’ai connu, que j’ai côtoyé était un grand homme, un homme de culture, un amoureux de la culture, un amoureux de ses valeurs vestimentaires, un amoureux du textile guinéen », ajoute l’ancien ministre de la culture.

La mort d’Alpha’O, comme celle des artistes guinéen de renom, donne lieu à des hommages tous azimut. Le problème c’est que peu de gens s’investissent pour assister ces grands artistes de leur vivant, surtout quand ils sont malades. Pourtant, quand il était aux affaires, Siaka Barry se rappelle qu’un contrat a été signé entre la compagnie d’assurance NSIA avec l’Eat guinéen pour la mise en œuvre d’un  « projet de prise en charge médicale universelle pour la culture et le sport ».

« Le lancement dudit projet a été fait en grande pompe avec le chef de l’État.  Un montant d’un milliard GNF avait été viré sur le compte. Nous nous avions mis 500 000 000 GNF et le président de la République, très en chanté du projet, a ajouté les 500 autres millions », affirme l’ancien ministre, qui déplore le sort réservé à ce projet dont entend plus parler. Pourtant, explique-t-il, les acteurs culturels devaient contribuer chacun  à hauteur de 500 000 fg par an dont 250 000 à la charge de l’Etat. Et, en cas besoin, la compagnie NSIA devait accompagne l’artiste jusqu’à hauteur de 50 millions GNF.

Pour Siaka Barry, le jeune Alpha’O est tombé « arme à la main », en ayant pleinement rempli sa part de contrat avec la société guinéenne. Mais, il ne croit pas que les autorités et le monde culturel guinéen ont  récompensé le défunt artiste-modéliste.  « C’est le lieu de témoigner à la face du monde que c’était un grand homme,  un amoureux de la culture, un amoureux de la mode, une véritable amoureux du textile guinéen qui est parti. Je présente mes condoléances à sa famille, au peuple de Guinée, que Dieu ai pitié de son âme !»

Mamoudou Boulléré Diallo pour Guinee-eco.info

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