Institut Diambar du Sénégal : Football et études font bon ménage

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(Guinéeco.info)- Aly Souleymane, 19 ans, pensionnaire de l’Institut Diambar du Sénégal, depuis sa création en 2003, rêve de devenir comme l’ancien international français Zinedine Zidane ou comme l’ attaquant argentin, Lionel Messi et de jouer au haut niveau dans le championnat européen, à L’Olympique de Marseille (France) ou à Manchester United (Angleterre).

Hier enfant mendiant, comme c’est le cas de la plupart des enfants talibés sénégalais de sa catégorie, Aly a eu la chance d’intégrer Diambar, grâce un test de recrutement organisé par l’institut en faveur des 12-13 ans. « Auparavant, j’avais été repéré par le président de l’Institut, SaerSeck, à la faveur d’un mini tournoi de football de la rue », nous a-t-il confié.

A Diambar, l’ancien talibé qui pratiquait l’école buissonnière pour pouvoir jouer au foot, a la chance désormais d’allier les deux. « Aujourd’hui, Dieu merci, je suis régulièrement les cours en 5e et je fais partie de l’équipe A du Centre. Tout mon soucis c’est de réussir dans la vie afin de pouvoir aider mes parents et les enfants démunis », déclare-t-il. Tout en se félicitant des bonnes conditions dans lesquelles il évolue à Diambar, il reconnait tout de même qu’il lui faut plus de travail et de rigueur pour atteindre ses objectifs.

Appuis tous azimuts

Comme Aly, une centaine de jeunes sénégalais bénéficient actuellement des bienfaits de l’Institut Djambar, une initiative de quatre anciens fooballeurs : le Béninois DjimiAdjoviBoco, le Sénégalais SaerSeck et les Français Patrick Vierra et Bernard Lamah. Bâti sur une superficie de 16 ha, la réalisation aurait nécessité un financement de 4milliards de francs CFA.

Depuis sa création, les sponsors et autres mécènes se bousculent auxportionx : Air France, Adidas, le ministère français des sports, le Conseil du nord Pas de Calais et même Nicolas Sarkozy, en tant que maire de Neilly, ont mis la main à la poche pour aider au développement et à la survie du Centre.

Les 500 millions offerts par Sarkozy ont permis de réaliser deux pelouses synthétiques dans l’enceinte de l’Institut. Air France a assuré pendant un bon moment le transport gratuit des délégations du Djambar au cours de leurs voyages officiels. Adidas continueraient à fournir tout ce qui est équipementier.

Au plan national, certaines entreprises de la place ont délié les cordons de la bourse en faveur de l’Institut. C’est le cas de NMA, de la Fondation Sonatel et de Orix

Une solution à l’immigration clandestine

L’Institut Diambar permet non seulement aux jeunes talents de s’exprimer au pays et de bénéficier d’une formation scolaire de qualité, mais aide aussi au retour des compétences de la diaspora africaine. C’est le cas des trois coachs français d’origine sénégalaise qui prêtent actuellement service au centre. Parmi eux, Papa Boubacar Gadiaga, qui s’occupe l’équipe A du Diambar au sein de laquelle figurent sept éléments de l’équipe nationale cadette du Sénégal.

Ancien football reconverti,Bouba, comme l’appellent affectueusement ses collègues, n’a qu’un regret : « L’organisation actuelle du football sénégalais n’est pas consistante », a-t-il confié à des journalistes ouest africains en visite à l’Institut Djambar. Evoquant le niveau actuel de son équipe, il estime que le classement de celle-ci (6e du championnat de Ligue 2 du Sénégal), n’est pas désespérant. « L’année dernière nous avons terminé troisième du championnat. Moi, pour moi, on joue mieux année ».

Il minimise quel peu l’impact des départs de certains éléments clés de son équipe pour les Clubs européens. En effet, ces dernières années, 1O pensionnaires du Diambar sont partis en Europe, qui pour continuer ses études après avoir décroché le Bac, qui pour continuer sa carrière de footballeur.

Passion partagée

Le préfet des études de l’Institut Diambar, Amadou Tambérou, a souligné les difficultés pour certains pensionnaires d’évoluer convenablement. « Les enfants que nous encadrons ont une passion partagée, avec un penchant pour le football ». M. Tambérou estime par ailleurs que les mouvements des jeunes, appelés en sélection ou à disputer des matchs de championnat à travers le Sénégal, rendent difficile le travail dans les salles de classe où les effectifs sont rarement au complet.

Bachir Sylla

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