Infrastructures : Le Port autonome de Conakry accroit ses capacités pour être plus compétitif

En novembre dernier, le Chef de l’Etat guinéen Alpha Condé a inauguré, tambour battant, le nouveau quai du Terminal à conteneurs du Port autonome de Conakry, réalisé en deux ans par la société chinoise China Harbour Engineering Company, grâce à un financement du groupe français Bolloré, pour une valeur de 47 millions d’euros.

Cette nouvelle infrastructure, de 340 m de long et de 13 m de profondeur, qui s’ajoute aux 260 m existants pour former un linéaire de quai de 600 m, permettra d’y accueillir désormais simultanément des navires de grandes capacités, dit-on. Elle entre dans le cadre des travaux d’extension et de modernisation du Port autonome de Conakry, pour non seulement accroître ses capacités d’accueil mais aussi et surtout le rendre plus compétitif en Afrique de l’Ouest où il compte bien des concurrents.

Considéré comme le «port naturel» du Mali, à cause de sa proximité avec Bamako, la capitale malienne, par rapport aux autres grands ports ouest-africains, le Port de Conakry entend bien mériter sa place et être une plateforme incontournable pour les économies des pays enclavés Guinée comme le Burkina Faso et le Mali. «Notre ambition Alpha Condé coupant le cordon inauguralest de faire du Port de Conakry un hub vers l’Amérique Latine. En effet, quand vous prenez la carte de l’Afrique, la Guinée est le coin le plus avancé vers l’Amérique Latine », a déclaré le président Alpha Condé, à la cérémonie inaugurale du nouveau quai de Conakry Terminal.

Pour lui, il n’est pas question de se limiter en si bon chemin. «Aujourd’hui, vous avez dit que nous pouvons accueillir 1.000 bateaux, mais nous voulons accueillir 2000 bateaux. Vous dites qu’il y a 600 m, mais nous voulons le double. Vous dites que la profondeur est de 13 m, mais nous voulons 14 m de profondeur », a-t-il affirmé, avant de s’attaquer vertement à ceux qui s’opposent aux réformes entreprises au niveau du Port de Conakry.

« Il y a des gens qui s’agitent, mais ils perdent leur temps. Les travailleurs savent que nous sommes là pour les défendre. Nous n’allons pas laisser des gens qui n’ont pas investi au port et qui ont pillé les richesses de la Guinée, continuer à manipuler les travailleurs », a martelé le Président Alpha Condé. Allusion à peine voilée à ses opposants politiques qu’il entrevoie derrière les syndicats qui dénoncent une situation de quasi-monopole du groupe Bolloré au niveau du Port de Conakry.

Une pilule dure à avaler

Certes le groupe Bolloré affiche des grandes ambitions pour le Port de Conakry, mais sa visée hégémonique passe mal aux yeux de certains. En effet, après avoir ravi la vedette, dans des conditions rocambolesques, à Getma Interna-tional, un autre groupe français, au niveau du Terminal à Conteneurs le groupe du milliardaire Vincent Bolloré (ami de longue date du président guinéen) a récemment obtenu de la Direction générale du Port de Conakry la décision de lui concéder toutes les activités de transport RO/RO dans l’enceinte du Port. Ce qui, de facto, est synonyme de départ des anciennes sociétés et non des moindres, qui pratiquaient
ces activités sur le site. Il s’agit de Getma Guinée, Afrimarines, entre autres, dont les employés pourraient être mis à la porte. D’où la levée de boucliers des syndicats contre la décision des responsables du Port autonome de Conakry et de Bolloré Africa Logistics.

Contribuer à l’essor économique

Malgré les critiques formulées à son encontre, Bolloré Africa Logistics, qui opère dans 55 pays à travers le monde, dont 46 en Afrique, se présente comme étant le premier opérateur privé de partenariats publics-privés portuaires en Afrique. En 3 ans et demi de présence en Guinée, le groupe affirme avoir investi des montants importants pour la modernisation du Port Autonome de Conakry et contribué aussi à l’essor économique de la Guinée à travers diverses taxes versées à l’Etat (TVA, patente, CFU, redevance portuaire, sociale, etc.).

Le groupe prévoit à terme pas moins de 500 millions d’euros d’investissements sur la durée de sa concession au Port de Conakry qui s’étend sur 25 ans. D’ores et déjà, l’on se félicite que, depuis l’attribution de cette concession, Conakry Terminal ait pu améliorer ses cadences de manutention en passant de 19 mouvements en 2011 à 35 en 2014, avec plus de 550 000 conteneurs EVP (équivalent vingt-pieds) opérés sur les navires. 

Source: African Business Journal

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