Industrie : Conakry se met aux Bluezones

Conakry, la capitale guinéenne, fait partie des villes africaines et même mondiales ayant été choisies pour abriter des Bluezones, ces espaces de vie que le groupe Bolloré déploie dans les pays où il opère pour faire profiter aux populations locales de ses avancées techniques et technologiques.

Sur un total de sept prévus dans différents quartiers de Conakry et de sa banlieue, deux Bluezones ont déjà été réalisées à ce jour. La première Bluezone, de quatre hectares, est située au cœur de Kaloum, le quartier administratif et des affaires de la capitale guinéenne. Elle a été inaugurée, tambour battant, en juin 2014 par le Chef de l’État guinéen, Alpha Condé, en présence de Vincent Bolloré, PDG du groupe qui porte son nom.

La deuxième, dans le quartier populaire de Dixinn, a été inaugurée en octobre 2015, en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle de l’année dernière qui a vu Alpha Condé rempiler pour un second mandat de cinq ans. D’une superficie de 1,4 hectare, la Bluezone de Dixinn, à l’image de celle de Kaloum, est dotée de nombreuses infrastructures sportives et culturelles. Sa particularité est sa proximité d’avec Madina, le plus grand marché du pays, mais aussi de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, entre autres. Elle comprend un incubateur d’entreprises destiné aux start-ups des secteurs des nouvelles technologies, de l’environnement et du développement durable.

Plusieurs avantages socio-économiques

Ces différents espaces de vie disposent de batteries Lithium métal polymère (LMP), une nouvelle technologie créée par Blue Solutions, filiale du Groupe Bolloré, et de panneaux photovoltaïques fournis par Sunpower, filiale de Total, un autre groupe français très présent en Guinée. Ces technologies avancées permettent de produire, de stocker et de distribuer une électricité propre et gratuite dans des zones qui en ont tant besoin. Depuis leur inauguration, les deux Bluezones de Conakry suscitent un vif intérêt chez des populations environnantes, à cause des commodités qu’elles offrent au public : espaces éclairés, adductions d’eau potable, centres de santé, d’écoute et de prévention pour les jeunes, écoles, aires de jeu, ateliers pour artisans…

Il faut cependant être adhérent pour profiter pleinement de ces espaces de vie, à travers une cotisation mensuelle d’environ 1 euro (10.000 GNF). La fréquentation de ces nouveaux pôles d’attraction de Conakry monte crescendo, si l’on en croit ceux qui les gèrent au quotidien. La Bluezone de Kaloum aurait enregistré en un peu plus d’une année d’existence quelque 10.000 adhérents, en majorité de jeunes. Le groupe Bolloré prévoit, en cas de succès des deux premières infrastructures, d’installer cinq autres Bluezones le long du vieux chemin de fer, qui va être rénové et baptisé Blueline, pour relier Kaloum à Kagbelen, dans la périphérie de Conakry, où il érigera un port sec à l’effet de réduire le temps d’attente
de ses clients et de fluidifier le trafic au Port autonome de Conakry.

Les Bluezones d’ailleurs

La réalisation de ces Bluezones permet au groupe français d’améliorer son image aux yeux de la population. En effet, nombreux étaient les Guinéens à avoir des réserves par rapport à la présence du groupe du milliardaire français que l’on sait très ami au Président Condé dans leur pays. Ces réserves s’expliquent notamment par la manière rocambolesque avec laquelle Bolloré AfricaLogistics s’est vu attribué, en 2011, la gestion du Terminal à Conteneurs du Port autonome de Conakry pour une durée de 25 ans.

Ce n’est pas seulement en Guinée que Bolloré installe ses Bluezones. Il en a déjà réalisé certains en Afrique. C’est le cas notamment des Bleuzones de Dosso (Niger), de Cacavéli (Togo) et de Zongo (Bénin). Lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations de football, le groupe Bolloré avait noué un partenariat avec Canal+ qui avait permis aux adhérents des Bluezones d’Afrique de suivre en direct les matchs de la compétition sur écran géant. Avant l’Afrique, le groupe Bolloré avait auparavant expérimenté avec succès ses services d’auto-partage en France, à travers Autolib’ à Paris, Bluecub à Bordeaux et Bluely à Lyon. Aux États-Unis d’Amérique également, il y a BlueIndy, à Indianapolis. Comme pour dire que ce n’est pas seulement Conakry qui se met aux Bluezones. 

Source : African Business Journal

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