Guinée : des défenseurs de droits humains lancent des messages de paix à la veille d’un double scrutin redouté

(Guinée Eco)-Le double scrutin législatif et référendaire du 1er mars 2020 suscite des inquiétudes au sein de la population guinéenne, à cause du climat de tension qui règne dans leur pays à quelques jours seulement de rendez-vous considéré à haut risque. Alors que les leaders des principaux partis de l’opposition ont à la fois boycotté et juré d’empêcher les élections du dimanche prochain, le gouvernement a réquisitionné l’armée pour éventuellement mater les fauteurs de trouble. 

Face à ce climat de tension ambiante, le Coalition nationale d’appui à la réconciliation en Guinée (CONAREG) a cru bon d’organiser ce mercredi 26 février, dans les locaux de l’OGDH (Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme), à la Bellevue, dans la commune de Dixinn, une table ronde qui a réuni des acteurs de la société civile guinéenne. Ceci, en vue de leur permettre de lancer des messages de paix en direction des autorités, de la classe politique, des organisations de la société civile et des médias.

Introduisant la rencontre, le journaliste Chaïkou Baldé, chargé de la communication de la CONAREG, une coalition regroupant des organisations de défense de droits de l’homme, d’associations de victimes et de médias a précisé que l’objectif de sa structure est de contribuer à la promotion des droits humains en Guinée, à la construction d’une société unie et prospère, débarrassée de la haine, de la violence et de l’impunité.

« La présente table ronde qui s’inscrit dans cette trajectoire intervient à la veille du double scrutin législatif et référendaire perçu par bon nombre de Guinéens comme hautement conflitogène, pour des rasions que vous savez. La raison fondamentale de la rencontre d’aujourd’hui est d’inviter les acteurs autour de cette table d’adresser des messages de paix, de tolérance, de concorde et de cohésion entre les Guinéens de toutes les confessions religieuses, de tout bord politique et de toutes les catégories socioprofessionnelles afin que nous sortions de ces élections avec zéro mort, zéro blessé et zéro dégât matériel », a indiqué M. Baldé.

Citant l’ancien pasteur américain, Martin Luther King, il estime que ceux qui aiment la paix doivent s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre. « Heureusement que notre paix n’est pas en guerre. Que Dieu nous en épargne ! Amen », formule-t-il.

Ibrahima Aminata Diallo, le président de la Plateforme des jeunes pour la démocratie et le développement (PJDD) a souligné la difficulté  de parler de la paix en Guinée, à cause des suspicions de corruption  que les Guinéens des différents bords politiques nourrissent les uns envers les autres. Il a également rappelé que la paix n’est pas un slogan mais un comportement. Elle ne doit pas non plus être « un silence forcé ». M. Diallo a tenu à réaffirmer la position de sa plateforme qui milite pour l’alternance démocratique et pour le respect de la constitution de mai 2010.

Le représentant du Coc-paix (Conseil d’orientation et de concertation pour la paix) a lancé des appels tous azimuts notamment à l’endroit des forces de défense et de sécurité, auxquels il a demandé à bien se comporter pendant le double scrutin du premier mars, en n’obéissant pas des ordres manifestement pas illégaux. Il a également exhorté la presse à la diffusion de messages responsables sur les médias du pays.

Pour Alsény Sall, de l’OGDH, on ne saurait parler de paix sans la justice et le respect des lois du pays, notamment la Constitution. Selon lui, la Guinée est déjà en avance par rapport à promotion des droits humains, du moins si l’on en juge par le nombre important d’organisations de droits de l’homme opérant dans le pays. « Ce qui nous manque ici c’est la protection judiciaire des victimes de violations de droits de l’homme », déplore-t-il.

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