Evacuations sanitaires à l’étranger : la Guinée perd au change (acteurs)*

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Au titre des sommes allouées aux évacuations sanitaires, la Guinée enregistre une perte annuelle de l’ordre de dix millions de dollars. Une manne qui pourrait permettre de rééquiper et de subventionner son système de santé dont la défaillance a été mise à nu par la fièvre Ebola, a soutenu le professeur Ibrahima Baldé, Président de l’ordre national des médecins guinéens.

« A  travers les évacuations sanitaires, la Guinée envoie des fortunes dans les pays limitrophes qui aurait pu servir à la Santé de la Guinée, en rééquipant les structures publiques et en subventionnant les cliniques privées qui ont montré leur utilité aux déshérités de ce pays », a noté le professeur Baldé dans un entretien à Ouestafnews.

Des estimations font état d’environ dix millions de dollars par an dépensés par l’Etat guinéen dans les évacuations sanitaires à l’étranger, dans les pays limitrophes (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali), mais également en Europe ou en Afrique du nord.

Selon des statistiques officiels, la Guinée alloue actuellement au secteur de la santé « +/-3% actuels du budget » national, arrêté à 15248,18 milliards de francs guinéens pour 2015, soit 2 milliards d’euros.

 Cette question « n’est pas très compliqué. Il suffit juste de reprendre en main le Produit intérieur brut, afin d’y réserver une place importante au secteur de la santé », a fait valoir le président de l’Ordre national des médecins de Guinée.

« Quand les médecins seront mieux payés, les structures hospitalières de l’Etat seront mieux équipées et les cliniques privées efficaces subventionnées, le secteur guinéen de la santé se porterait mieux’’, assure Ibrahima Baldé.

«Non seulement, le personnel de santé vit dans des conditions matérielles inacceptables, mais aussi les structures et les équipements sont tellement dérisoires que les malades se tournent davantage vers les structures privées », note M. Baldé.

« Le plus grave dans ça, c’est qu’il y en a qui vont dans des pays limitrophes comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali ou ailleurs, en laissant ici des compétences professionnelles du même niveau que ces pays-là, mais qui manquent complètement d’équipements », a-t-il ajouté.

A travers les évacuations sanitaires à l’étranger, « l’argent public guinéen aide à développer des cliniques privées ailleurs en Afrique, en Europe ou en Amérique du Nord, principalement », dépl

ore de son côté le docteur Abdoulaye Barry, responsable de la polyclinique de Dixinn, installée à Conakry.

Le Dr Barry intervenait le 10 juin 2015, dans le cadre d’une plateforme de discussions organisée par la Société financière internationale (SFI) et le ministère guinéen de la Santé, dans le but d’enrichir les premiers résultats d’une étude en cours, portant sur le partenariat public-privé dans le domaine sanitaire en Guinée.

*Produit en collaboration avec Ouestaf

news grâce à l’appui d’Osiwa

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