Des forces européennes dans la région du Sahel sont remises en question (Par Grégoire Cyrille Dongobada)

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(Guinée Eco)-L’intervention militaire des forces européennes dans la région du Sahel est remise en question en raison des tensions croissantes entre le Mali et la France et ses alliés de l’UE. Le Mali a expulsé les troupes danoises, l’ambassadeur français et a demandé la révision des accords militaires avec Paris.

Depuis 2012, le Mali traverse une crise sécuritaire provoquée par des déclarations séparatistes et des attaques terroristes, notamment dans le Nord, le centre et le Sud du pays. Malgré le déploiement de forces régionales et internationales, la situation ne s’est pas encore stabilisée.

Les dix dernières années ont clairement été témoins de la présence européenne « efficace » au Sahel notamment celle des Français. Les statistiques nous ont montré l’inefficacité de ces derniers dont les résultats n’étaient pas satisfaisants, au point où le combat contre le terrorisme l’a propagé au lieu de l’exterminé.

Les chiffres montrent plus de morts civiles que de djihadistes et que ces derniers se sont propagé sur 80 % du pays. C’est la conséquence de la négligence des autorités occidentales dont la seule préoccupation était de contrôler les gisements des pays et les élites locales.

Cependant, la junte malienne a pris le pouvoir et décidé d’agir au plus rapidement possible sur l’état du pays avec le commandement d’Assimi GOÏTA, soutenu par le peuple. Les Maliens ont exprimé ce soutien lors des plusieurs manifestations. Le sentiment anti-français est aussi présent lors de ces rassemblements populaires.

 Il est à noter que dans les autres pays du Sahel comme au Burkina Faso et au Niger, les gens expriment le sentiment pour le départ des contingents étrangers de leurs pays. Au Niger, par exemple, un convoi militaire français, qui faisait route vers le Mali, a été perturbé, 27 novembre 2021, par des manifestants qui protestaient contre la présence de la France au Sahel.

De ce fait, le président Français Emmanuel Macron a décidé de réaménager les troupes françaises, et faire retrait d’une grande partie des militaires français, par ailleurs les pays de l’Union européenne analysent actuellement le future de la présence de leurs troupes dans les pays du Sahel car manifestement leur présence dans la région est devenue superflue.

Par ailleurs, Bruno Tertrais, directeur adjoint, Fondation pour la recherche stratégique, pose la question sur le départ des forces françaises de la région : « Le Mali peut-il être à la France ce qu’a été l’Afghanistan aux États-Unis ? »

Un sujet très délicat sur l’avenir du Mali qui pourrait prendre le même chemin que celui de l’Afghanistan là où les États-Unis ont évacué plus de 5 500 citoyens américains depuis le début des vols d’évacuation le 14 août. Sauf que plus de 10.000 personnels afghans qui travaillaient pour le gouvernement américain comme les journalistes et les interprètes ont dû y rester.

Depuis leur arrivée dans le pays, les Américains ont embauché les locaux pour coopérer avec eux dans le cadre de la lutte anti-terroristes. Ils ont promis aux Afghans une protection et une migration vers les États-Unis en échange d’une coopération loyale. Cependant, les Américains en partant à la hâte ont quitté la plupart de leurs employés, dont le sort est maintenant inconnu. Tout le monde souvient des nouvelles de la façon dont les Afghans ont sauté sur l’avion qui partait pour les États-Unis pendant la période d’évacuation.

Au Mali le même scénario n’est pas loin de se reproduire si les Européens quittent le Mali, le personnel local restera dans le pays. Alors, la junte doit faire preuve de prudence et mener des enquêtes personnelles sur chaque individu ayant déjà eu des relations professionnelles avec des membres coloniaux quiconque, afin de protéger le pays contre la trahison.

La communauté européenne doit envisager une autre stratégie au Sahel, car il devient évident que l’ingérence dans les affaires intérieures des pays du Sahel sous prétexte de lutter contre le terrorisme est inacceptable.

Grégoire Cyrille Dongobada, observateur militaire, chercheur en études politiques

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