De jeunes dealers et consommateurs de drogue racolent des écoles publiques de Conakry

(Guinéeco.info)-En cette période de grandes vacances scolaires, de jeunes dealers et consommateurs de drogue racolent certaines écoles publiques  pour se livrer à des pratiques peu catholiques. Mais parfois, ils indisposent des élèves qui suivent des cours de vacances dans leurs lieux de prédilection. C’est le cas notamment aux collèges  Almamy Samory Touré de Sangoyah et Lassana Béavogui de Matoto 2, constate un reporter de votre journal en ligne.

Pour anticiper sur les perturbations que pourrait enregistrer le système éducatif guinéen au cours de la prochaine année scolaire, des élèves suivent actuellement des cours de vacances. « Nous en avons marre des grèves à répétition. Nous nous réunissons et payons des enseignants, pour être en avance avant l’ouverture des classes », nous a confié Salif Touré, élève de la 10ème année, qui déplore par ailleurs l’état d’insalubrité dans lequel se trouve son établissement.

Mais sa principale inquiétude, c’est la présence de dealers et consommateurs  de drogue dans l’enceinte de son établissement. « Ils fument et font leur intimité dernière les fenêtres. L’odeur nous dérange. Souvent nos professeurs sont énervés », regrette-t-il.

La situation de quasi-abandon dans laquelle se trouve la plupart des écoles publiques guinéennes indigne les citoyens. Et c’est à juste titre, car l’avenir d’un pays se construit à l’école. Pour Aliou Barry, résident à Matoto, c’est seulement dans les écoles publiques qu’on peut voir des gens se droguer pendant que les autres font cours.

Dans un français approximatif, des jeunes accusés de se livrer à cette pratique ont malgré tout accepté de s’exprimer au micro de @Guineeco.info. Un premier affirme être là pour « s’arranger », tout en étant conscient qu’il indispose les élèves qui suivent les cours de vacances dans l’enceinte de l’établissement. Pour cet autre interlocuteur, pas question de tourner autour du pot : « Nous sommes à l’école, nous on est en train de fumer la Hide (Ndlr: appellation locale de la drogue) ».

La présence de jeunes drogués constitue un motif d’inquiétude pour les autorités des établissements concernés.  « Le hic, c’est que même des hommes en tenue viennent consommer avec les enfants abandonnés. Alors, à qui se confier ? » S’interroge le principal du collège Dr Lanssana Béavogui de Matoto. Il dit avoir entrepris de démarches sans succès dans ce sens. Il craint  pour la sécurité des enfants et tend  la main à l’Etat.

A l’école Almamy Samory Touré de Sangoyah dans la commune de Matoto les mêmes réalités sont visibles. Les responsables plaident pour la réhabilitation et la sécurisation de leurs écoles.

Mamoudou Boulléré Diallo.

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