COP27 : ce que vous devez savoir sur la prochaine conférence sur le climat

(Guinée Eco)-La Conférence des Nations Unies sur le climat de cette année se tient à Charm El-Cheikh, en Egypte, dans un contexte d’événements météorologiques extrêmes dans le monde entier, d’une crise énergétique alimentée par la guerre en Ukraine et de données scientifiques réitérant que le monde ne fait pas assez pour lutter contre les émissions de carbone et protéger l’avenir de notre planète.

Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que la COP27 devait déposer un « acompte » sur les solutions climatiques qui répondent à l’ampleur du problème. Mais, est-ce que les dirigeants seront à la hauteur ?

ONU Info vous tiendra informé pendant les deux semaines de la conférence qui débute le 6 novembre, mais avant que notre équipe multimédia ne se dirige vers la côte de la mer Rouge, nous avons compilé ce guide sur ce que vous avez besoin de savoir.

C’est quoi toutes ces COPs ?

Les COP sont les plus grandes et les plus importantes conférences annuelles sur le climat de la planète.

En 1992, l’ONU a organisé le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil, au cours duquel la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée et son agence de coordination – que nous connaissons maintenant sous le nom d’ONU Climat – a été mis en place.

Dans ce traité, les nations ont convenu de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour empêcher toute interférence dangereuse de l’activité humaine sur le système climatique ». Jusqu’à présent, 197 parties différentes l’ont signé.

Depuis 1994, date à laquelle le traité est entré en vigueur, l’ONU réunit chaque année presque tous les pays de la planète pour des sommets mondiaux sur le climat ou « COP », qui signifie « Conférence des Parties ».

Au cours de ces réunions, les nations ont négocié diverses extensions du traité initial pour établir des limites d’émissions juridiquement contraignantes, par exemple, le Protocole de Kyoto en 1997 et l’Accord de Paris adopté en 2015, dans lequel tous les pays du monde ont convenu d’intensifier leurs efforts pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des températures préindustrielles et renforcer le financement de l’action pour le climat.

Cette année marque le 27e sommet annuel, ou COP27.

En quoi la COP27 est-elle différente des autres COPs ?

La COP26 de l’année dernière, qui a eu lieu cinq ans après la signature de l’Accord de Paris (un an a été sauté en raison de la pandémie de Covid-19), a culminé avec le Pacte climatique de Glasgow, qui a maintenu l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, mais « avec un pouls faible », comme l’a déclaré la Présidence britannique de l’époque.

Des progrès ont été réalisés pour rendre l’Accord de Paris pleinement opérationnel, en finalisant les détails de sa mise en œuvre pratique, également connue sous le nom de Règlement de Paris.

Lors de la COP26, les pays ont convenu de prendre des engagements plus forts cette année, y compris des plans nationaux actualisés avec des objectifs plus ambitieux. Cependant, seuls 23 pays sur 193 ont soumis leurs plans à l’ONU jusqu’à présent.

Glasgow a également vu de nombreuses promesses faites à l’intérieur et à l’extérieur des salles de négociation concernant notamment les engagements concernant le net zéro, la protection des forêts et le financement climatique.

Selon sa Présidence, la COP27 consistera à sortir des négociations et à « planifier la mise en œuvre » de toutes ces promesses.

L’Égypte a appelé à une action complète, opportune, inclusive et à grande échelle sur le terrain.

Selon les experts, outre l’examen de la mise en œuvre du Règlement de Paris, la conférence verra également des négociations sur certains points non réglés après Glasgow.

Ces questions comprennent le financement des « pertes et dommages » afin que les pays en première ligne de la crise puissent faire face aux conséquences du changement climatique qui vont au-delà de ce à quoi ils peuvent s’adapter, et la réalisation de la promesse de 100 milliards de dollars chaque année provenant du financement de l’adaptation, des pays développés vers les pays à faible revenu.

Les négociations comprendront également des discussions techniques, par exemple, pour préciser la manière dont les nations devraient pratiquement mesurer leurs émissions afin que tout le monde soit sur un pied d’égalité.

Toutes ces discussions ouvriront la voie au premier bilan mondial lors de la COP28, qui évaluera en 2023 les progrès collectifs mondiaux sur l’atténuation, l’adaptation et les moyens de mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Alors, quels sont les grands objectifs cette fois ?

1. Atténuation : comment les pays réduisent-ils leurs émissions ?

L’atténuation du changement climatique fait référence aux efforts visant à réduire ou à prévenir les émissions de gaz à effet de serre. L’atténuation peut signifier l’utilisation de nouvelles technologies et de sources d’énergie renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements plus anciens ou la modification des pratiques de gestion ou du comportement des consommateurs.

Les pays doivent montrer comment ils prévoient de mettre en œuvre l’appel du Pacte de Glasgow, de revoir leurs plans climatiques et de créer un programme de travail lié à l’atténuation.

Cela signifie présenter des objectifs d’émissions plus ambitieux pour 2030, puisque ONU Climat a déclaré que les plans actuels ne suffisent toujours pas pour éviter un réchauffement catastrophique.

2. Adaptation : comment les pays vont-ils s’adapter et aider les autres à faire de même ?

Le changement climatique est là. Au-delà de tout faire pour réduire les émissions et ralentir le rythme du réchauffement climatique, les pays doivent également s’adapter aux conséquences climatiques afin de pouvoir protéger leurs citoyens.

Les retombées varient selon l’endroit. Cela pourrait signifier le risque de plus d’incendies ou d’inondations, de sécheresses, de journées plus chaudes ou plus froides ou d’élévation du niveau de la mer.

Lors de la COP26, les délégués ont adopté un programme de travail sur l’objectif mondial d’adaptation établi dans l’Accord de Paris.

Le plan a été mis en place pour doter les communautés et les pays des connaissances et des outils nécessaires pour garantir que les actions d’adaptation qu’ils entreprennent font effectivement avancer le monde vers un avenir plus résilient au changement climatique.

La Présidence de la COP27 s’attend à ce que les nations enregistrent et évaluent leurs progrès vers le renforcement de la résilience et l’aide aux communautés les plus vulnérables. Cela signifie que les pays prennent des engagements plus détaillés et ambitieux dans les composantes d’adaptation de leurs plans climatiques nationaux.

L’année dernière, les pays développés ont convenu d’au moins doubler le financement de l’adaptation, et de nombreuses parties prenantes demandent des niveaux encore plus élevés de financement de l’adaptation pour correspondre aux montants actuellement dépensés pour l’atténuation, comme le prévoit l’Accord de Paris. Ce sera certainement un grand sujet de conversation à Charm El-Cheikh.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est claire sur le fait que pour répondre aux risques climatiques actuels et futurs, il est nécessaire d’augmenter considérablement l’ampleur du financement de l’adaptation, à partir de toutes les sources – publiques et privées. Tous les acteurs doivent participer – gouvernements, institutions financières et secteur privé.

3. Finance climatique : l’éléphant qui ne quitte jamais la salle des négociations

Le financement climatique sera à nouveau un thème majeur de la COP27, de nombreuses discussions liées au financement sont déjà à l’ordre du jour, les pays en développement lançant un appel fort aux pays développés pour qu’ils assurent un soutien financier suffisant et adéquat, en particulier pour les plus vulnérables.

Nous entendrons probablement beaucoup parler de la promesse annuelle de 100 milliards de dollars des pays développés qui n’est pas tenue. En 2009 à Copenhague, les pays riches se sont engagés à fournir ce financement, mais les rapports officiels montrent toujours que cet objectif n’est pas atteint. Les experts s’attendent à ce que la COP27 fasse enfin de cet engagement une réalité, en 2023.

La Présidence égyptienne a pour objectif de donner suite à cet engagement et à d’autres engagements et promesses pris lors des COPs précédentes.

Quel est ce problème de « pertes et dommages » dont nous entendons tant parler ?

Le changement climatique, par le biais d’événements météorologiques extrêmes tels que les cyclones tropicaux, la désertification et l’élévation du niveau de la mer, cause des dommages coûteux aux pays.

Parce que l’intensification de ces « catastrophes naturelles » est causée par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement des pays industrialisés riches, les pays en développement – souvent les plus touchés – soutiennent qu’ils devraient recevoir une compensation.

Le Danemark a fait la une des journaux lors de la dernière semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies après avoir été le premier pays à annoncer qu’il accorderait 13 millions de dollars aux pays en développement qui ont subi des dommages dus au changement climatique.

La question de ces paiements, connus sous le nom de « pertes et dommages », sera plus que probablement un grand sujet de discussion à la COP27, même si elle n’a pas encore été officiellement mise à l’ordre du jour.

Le Groupe des 77 et de la Chine (qui comprend essentiellement tous les pays en développement) a demandé de l’ajouter à l’ordre du jour, ce qui nécessitera un consensus entre tous les pays le premier jour des pourparlers.

À ce jour, il y a eu des discussions sur la création d’un fonds pour les pertes et dommages, mais rien de concret. Des experts tels que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et le climat, Ian Fry, espèrent susciter un nouvel élan et « faire avancer les choses ».

« Il y a de grands pays développés qui sont très préoccupés par cela et qui envisagent cette question du point de vue de ce que le pollueur paie. Aujourd’hui, les pays les plus touchés par le changement climatique et qui en subissent les coûts doivent eux-mêmes faire face à ces coûts », a-t-il déclaré à ONU Info lors d’un récent entretien. « Donc, il est temps que les grands pays, les principaux émetteurs, s’expriment et disent, ‘nous devons faire quelque chose, nous devons apporter une contribution à ces pays vulnérables’ ».

Comment la guerre en Ukraine affecte-t-elle tout cela ?

Selon Ilana Seed, Représentante permanente des Palaos auprès des Nations Unies et négociatrice sur le climat, cette COP va être « déroutante » compte tenu du paysage sociopolitique actuel et de la crise énergétique.

« La guerre en Ukraine a eu lieu, donc il y a tellement de choses sur lesquelles tant de pays se sont mis d’accord, et maintenant ils ne peuvent plus le faire. À cause de la guerre, le paysage a changé », a-t-elle expliqué.

En effet, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a provoqué une crise mondiale de l’inflation, de l’énergie, de l’alimentation et de la chaîne d’approvisionnement. Des pays comme l’Allemagne ont dû réduire leurs objectifs climatiques à court terme, tandis que le groupe de travail historique Chine-États-Unis sur le climat annoncé à Glasgow a maintenant été suspendu.

La COP27 verra très probablement un revers dans les promesses et les engagements que certains pays ont pris l’année dernière.

Cependant, le Rapporteur spécial Ian Fry considère que la guerre pourrait aussi être un « signal d’alarme » pour que les nations deviennent autosuffisantes en énergie.

Il soutient que le moyen le moins cher d’y parvenir est d’utiliser les énergies renouvelables, qui sont essentielles pour réduire les émissions.

« Nous voyons le Portugal se diriger vers 100% d’énergies renouvelables, nous savons que le Danemark le fait également, et je pense que cela incitera d’autres pays à voir la nécessité d’être renouvelables et autosuffisants en énergie », a-t-il déclaré à ONU Info.

La société civile participera-t-elle à la COP, ou seulement des délégués ?

L’événement principal aura lieu au Centre international des congrès de Charm El-Cheikh, du 6 au 18 novembre.

Jusqu’à présent, plus de 30.000 personnes se sont inscrites pour y assister, représentant de gouvernements, d’entreprises, d’ONG et de groupes de la société civile.

Les 197 Parties à la CCNUCC, se réunissent souvent en groupes ou « blocs », pour négocier ensemble comme le G77 et la Chine, le Groupe Afrique, les Pays les moins avancés, le Forum Parapluie, les Petits États insulaires en développement et l’Alliance indépendante. d’Amérique latine et des Caraïbes.

Les négociations incluent également des observateurs, qui n’y participent pas formellement mais interviennent et contribuent à maintenir la transparence. Les observateurs comprennent des agences des Nations Unies, des organisations intergouvernementales, des ONG, des groupes confessionnels et la presse.

Mais outre les négociations officielles, il y aura des salles de conférence, une section pavillon et des quantités d’événements parallèles, répartis sur des journées thématiques.

Les thèmes de cette année sont : la finance, la science, la jeunesse et les générations futures, la décarbonisation, l’adaptation et l’agriculture, le genre, l’eau, la société civile, l’énergie, la biodiversité et les solutions (le thème le plus récent de cette COP).

Avec ONU INFO

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