Afrique : « cesser de gérer la pauvreté et passer à la gestion du développement »

(Guinée-Eco)-« Il est temps pour l’Afrique de passer de la gestion de la pauvreté à la gestion du développement et d’ajuster l’élaboration des politiques en conséquence », estime Cristina Duarte, la nouvelle conseillère spéciale des Nations Unies pour l’Afrique, dans un entretien qu’elle a accordé fin octobre dernier à ONU infos.

Nouvellement promue à son poste onusien, cette Cap-Verdienne qui fut ministre des Finances et du Plan de son pays plaide pour une nouvelle vision stratégique sur l’Afrique. Selon elle, pour s’attaquer au développement durable ou pour réussir en termes de développement durable, l’élaboration des politiques en Afrique devrait d’abord aborder, presque comme une condition préalable, le financement durable.

« Si nous n’abordons pas cette question, nous assimilerons toujours la gestion de la pauvreté à la gestion du développement. Ce sont deux animaux différents. Nous avons géré la pauvreté. Il est temps pour l’Afrique de passer de la gestion de la pauvreté à la gestion du développement et d’ajuster l’élaboration des politiques en conséquence », confie-t-elle.

Ajoutant, elle explique que l’élaboration des politiques en Afrique devrait se concentrer sur la lutte contre les flux financiers illicites, la mobilisation des ressources intérieures et la mise en avant du capital humain. Par exemple, en discutant des obstacles à la propriété intellectuelle qui ont empêché l’Afrique d’accéder à la technologie et à l’innovation, à la croissance verte, à l’industrialisation verte et à la zone de libre-échange continentale.

Interrogée sur ses priorités à la tête du Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique à l’ONU, Cristina Duarte a souligné la nécessité d’aider le Secrétaire général des Nations Unies et la Vice-secrétaire générale à « remodeler le discours de l’Afrique » au sein du système des Nations Unies.

« L’Afrique a une vision, une stratégie claire, et il existe un plan d’action qui a fait date pour le continent, en particulier pour l’Union africaine. Il est important que le système des Nations Unies remplisse ses promesses à l’égard de l’Afrique », indique-t-elle.

Bachir Sylla

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