Amadou Damaro Camara, le nouveau visage controversé du parlement guinéen

(Guinée Eco)-L’homme est connu pour son autoritarisme et son verbe haut. Amadou Damaro Camara, jusque-là, chef de la majoritaire parlementaire à l’Assemblée nationale guinéenne a été élu ce mardi 21 avril 2020 nouveau président de l’institution, en remplacement de Claude Kori Kondiano qui trônait au perchoir depuis janvier 2014.

Celui qui devient deuxième personnalité de l’Etat guinéen au lendemain du double scrutin législatif et référendaire controversé du 22 mars dernier est tout sauf un novice de la scène politique guinéenne au sein de laquelle il s’est illustré ces dernières décennies par sa fougue et sa témérité.

Rescapé du coup d’Etat avorté du 04 juillet 1985 qui a emporté l’ex premier ministre Diarra Traoré et plusieurs cadres de son clan, Amadou Damaro ne fait pas mystère de son implication dans le putsch qui a failli plonger la Guinée dans un conflit intercommunautaires majeur aux premières heures du régime militaire ayant pris le pouvoir au lendemain de la mort de Sékou Touré, le père de l’indépendance guinéenne. Récemment, Amadou Damaro Camara a justement publié un livre polémique sur le fameux coup d’Etat de juillet 1985 contre le pouvoir Lansana Conté.

Le faucon du régime Condé


Depuis 2010, Amadou Damaro Camara fait partie de l’aile dure du régime d’Alpha Condé au point que certains le qualifient de faucon. Tant l’homme est près à faire dans l’adversité même dans son propre camp pour imposer ses points de vue. Il n’a pas hésité à qualifier de « conneries » les propos de son collègue Saloum Cissé qui avait affirmé que le RPG-Arc-en-ciel voulait d’un troisième mandant mais pas pour Alpha Condé.  C’est le même Damaro Camara qui a déclaré lors d’une interview que les forces de l’ordre ne doivent pas aller sur l’Axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa pour une simple opération de maintient d’ordre. Pour lui, ils doivent y aller avec « des armes de guerre », parce qu’à ses c’est du grand banditisme qui se passe dans cette zone réputée hostile au pouvoir en place.

Par ailleurs, à la veille des élections contestées du 22 mars dernier, le tout nouveau président du parlement guinéen affirmait sans sourcilier qu’on n’apprend pas à un Koninaké (le groupe ethnique auquel il appartient) à faire la guerre. « Les koniankés savent faire la guerre », avait-il martelé suite à l’incendie de commerces et d’un minibus qui appartiendrait à cette communauté. Avec les violences électorales et postes-électorales enregistrées le mois dernier à Nzérékoré, certains n’ont pas hésité à faire le lien avec les discours va-t-en guerre  de l’honorable Damaro Camara.


Un dauphin tout trouvé ?


L’arrivée de Damaro Camara relance l’idée du dauphinat du Président de la République de Guinée. On sait qu’avec la nouvelle constitution du pays, Alpha Condé s’est donné les moyens de rallonger son bail à Sékhoutouréyah pour encore quelques années (6 ans voir 12). Mais avec la pression interne et externe qui s’accentue sur lui, l’ancien président de la FEANF pourrait bien faire la passe à un dauphin tout trouvé, en la personne de Damaro. Quitte pour lui à se mettre à dos d’autres prétendants au poste tapis dans l’ombre, mais dont les prétentions sont de notoriété publique. Au nombre des prétendants potentiels on pourrait bien citer le Premier ministre Kassory Fofana qui ne conjugue pas le même verbe avec Amadou Damaro Camara. Tous deux militants de la 25ème heure du RPG arc-en-ciel.


Bachir Sylla pour Guinee-eco.info

1 Comment
  1. […] perchoir ! Jadis connu pour son langage caustique mêlé de controverses vis à vis des opposants, Amadou Damaro Camara a changé de ton. Il tient un discours conciliant et affiche une ouverture vis-à-vis de ses […]

Leave A Reply

Your email address will not be published.